Les États-Unis annulent le déploiement de 4 000 militaires en Pologne et sèment le trouble en Europe

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Quatre mille soldats américains de moins que prévu : les déclarations du général Christopher LaNeve sonnent comme un coup dur pour la Pologne. À la fois voisine de l’Ukraine, de la Biélorussie et de l’enclave russe de Kaliningrad, le pays compte historiquement beaucoup sur sa relation privilégiée avec les États-Unis pour assurer sa défense, rapporte notre correspondant à Varsovie, Adrien Sarlat.

Mais pour la ministre des Politiques régionales Katarzyna Pełczyńska-Nałęcz, le pays doit faire face à une nouvelle réalité : « La présence de soldats américains en Pologne est dans notre intérêt en tant qu’alliés des États-Unis, dit-elle. Mais les décisions qui sont prises outre-Atlantique sont ce qu’elles sont et nous nous devons d’être réalistes sur la façon dont agit le président Donald Trump ».

De son côté, le Premier ministre Donald Tusk se veut rassurant : « J’ai la confirmation que ces décisions sont d’ordre logistique, et qu’elles n’auront pas d’impact sur les capacités de dissuasion polonaise et la sécurité des relations américano-polonaises ».

La thèse du gouvernement voudrait que les 5 000 soldats américains retirés d’Allemagne début mai soient relocalisés en Pologne, rendant ainsi le déploiement de 4 000 soldats supplémentaires inutile. « La réorganisation menée par le Pentagone peut avoir un impact sur le type d’armée déployée, ou sa répartition géographique en Europe, dit le ministre de la Défense Władysław Marcin Kosiniak-Kamysz. Mais ces changements ne concernent pas une réduction du contingent américain en Pologne ».

Le Pentagone, de son côté, a refusé de commenter ou d’expliquer sa décision. Le porte-parole du ministère américain de la Défense Sean Parnell a toutefois indiqué que le retrait des soldats d’Allemagne devait être terminé dans les « six à douze prochains mois ». Donald Trump a par la suite affirmé que la réduction des effectifs irait « bien au-delà de 5 000 hommes », sans toutefois fournir de détails.

Différend sur la défense du détroit d’Ormuz

Ces annonces interviennent dans un contexte de vif différend entre le président américain et le chancelier allemand Friedrich Merz au sujet de la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran. Donald Trump reproche à ses alliés européens leur manque de soutien à cette offensive lancée fin février, notamment sur la question du détroit d’Ormuz.

Donald Trump affirme également vouloir voir l’Europe assumer davantage sa propre défense, plutôt que de dépendre de la protection militaire américaine.

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